Réaction d’un monsieur, victime du Père Mouren, suite à l’intervention de Thierry Dobbelstein sj, le 21 novembre 2025, lors de l’AG de la CORREF


Communication / jeudi, janvier 22nd, 2026

À Thierry Dobbelstein sj,

Le 5 mars 2025, vous m’écriviez : « Vous évoquez encore la journée du 12 décembre 2024 qui avait été pénible pour moi. Je vous remercie d’en avoir parlé samedi. Pour ma part, je considère ce point comme clos. »

Pourtant, le 21 novembre 2025, devant l’Assemblée Générale de la CORREF, qui s’est tenue à Lourdes, vous êtes revenu sur cette journée inoubliable du 12 décembre 2024, organisée par la CRR pour son 3e anniversaire, et qui fut, selon vous, l’occasion pour moi d’exprimer en public ma colère en la concentrant sur vous.

Et d’exposer ainsi, les attentions toutes particulières que vous m’aviez prodiguées, mais avec quelques petits arrangements avec la vérité selon moi :

·         J’avais rencontré ce monsieur avant les travaux de la CRR.

·         J’avais entendu son témoignage.

·         J’avais visité avec lui les lieux des agressions qu’il avait subies.

·         Je l’avais autorisé à consulter des archives du jésuite.

·         Ensuite, quand la CRR a enfin existé, le travail nécessaire a été fait avec la CRR. La démarche de réparation s’était clôturée, un an avant décembre 2024, le protocole avait été signé.

·         Mais la colère de ce témoin était toujours bien présente. Des exigences continuaient à être exprimées dans des courriers successifs.

Sur les 3 premiers points, rien de bien exceptionnel… La raison d’être – la mission – de votre Cellule d’écoute n’est-elle pas tout naturellement de rencontrer, entendre, reconnaître et aider « vos » victimes, blessées dans leur dignité par des malsains de votre famille ? J’ai alors contacté votre cellule et demandé, avant même la création de la CRR, à témoigner face à un jésuite (vous en l’occurrence) dans les lieux mêmes où j’avais subi la première agression – précisément dans votre « Maison du 42 rue de Grenelle » -, et de vérifier si des dossiers de l’association « Les Liens Brisés », créée par Louis Mouren, avaient été conservés.

Concernant votre autorisation à consulter “des archives du jésuite”, il eut été plus réel de préciser que, oui, vous m’aviez accordé une consultation restreinte à 2 des 6 boîtes “des archives des Liens brisés”.Que, oui, d’emblée, vous aviez estimé que les autres archives de cette association étaient des documents administratifs qui vous semblaient inutiles. Que, oui enfin, vous m’avez refusé la consultation “du dossier personnel du jésuite Louis Mouren”.

Dans sa décision du 6 septembre 2022, la CRR vous recommandait de publier un appel citant nommément Louis Mouren, et de rechercher activement d’autres éventuelles victimes. Vous n’avez pas consenti à suivre ces recommandations.  Alors, le 1er mars 2023, j’ai bien précisé, tout en signant le protocole, aux deux personnes de votre Cellule, en présence de ma référente CRR, que je ne m’arrêterai pas là.

« Des exigences continuaient à être exprimées dans des courriers successifs. » En 2024, je ne vous ai adressé que deux lettres. La première, le 24 janvier à laquelle vous avez répondu le 5 février ; la seconde, le 1er mars, non reçue, m’avez-vous dit le 12 décembre 2024. Ces courriers vous rappelaient notamment « mon souhait », déjà formulé, – et non des exigences – que la Compagnie de Jésus tienne ses engagements de rechercher activement d’autres victimes ; et plus, comme le préconise la recommandation n° 30 de la CIASE qu’elle mette « en place… un processus d’éclaircissement des accusations portées en matière de violences sexuelles, lorsque l’auteur est décédé ou l’action publique éteinte » ; et aussi, rende publiques la liste de ses collèges et institutions où des abus ont été commis ainsi que celle des jésuites pédocriminels – comme aux États-Unis et au Canada – ; organise des journées permettant aux victimes de se rencontrer et échanger.

Vous avez choisi de partager le souvenir inoubliable de cette journée sur la place publique, c’est donc sur cette même place que je propose, ci-après, à l’Opinion, les 3 extraits de la vidéo, disponible en replay sur le site de la CRR, afin qu’elle puisse jauger le degré de colère que j’ai pu concentrer sur votre personne, ce 12 décembre 2024, lorsque j’ai rebondi sur les interventions de Mme Véronique Le Goaziou, sociologue, et de M. Antoine Garapon, Président de la CRR ; ainsi que l’extrait de votre intervention du 21 novembre 2025, disponible sur Youtube.

1° Véronique Le Goaziou : Un certain nombre de victimes nous ont dit : « Je ne m’arrête pas là, je continue le travail, je poursuis le combat »

2° Antoine Garapon : « Je ne sais pas, […] comment s’y prendre pour en contacter plus ? »

3° Roland Tran Van : « Qui a entendu, qui a vu l’appel à témoignage sur le site jésuite ? » (Erratum : L’appel à témoignage n’a pas été publié le 17 mars « 2021 » mais en « 2023 ». Mea culpa).

4° Thierry Dobbelstein :« Tout ça pour ça ! »

J’adresse également copie de ce mail à la CORREF et à la CRR.

Je vous prie de croire à l’expression de mes salutations respectueuses.

Roland TRAN VAN


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